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L'astéroïde Ryugu a pris un coup de Soleil

L'étude des grains de roches soulevés à la surface de l'astéroïde par la sonde japonaise Hayabusa 2 montre de subtiles différences de couleur qui suggèrent que la surface de Ryugu a chauffé en passant près du Soleil, il y a des milliers ou millions d'années.


Dommage qu’il n’y ait eu personne pour filmer ça : ce mardi à 7 heures du matin, heure de Tokyo, une lueur bleutée s’est allumée dans le noir. Hayabusa 2 a mis en route un moteur ionique pour infléchir sa trajectoire vers la Terre. Au beau milieu de l’espace, à plus de 163 millions de kilomètres de nous, la sonde japonaise a ainsi enclenché l’une des dernières étapes de son retour à la maison. Dans six mois environ, elle devrait arriver à destination et larguer dans l’atmosphère terrestre son précieux chargement : des échantillons de roche et de poussière récoltés sur l’astéroïde Ryugu.


La mission dure depuis six ans déjà. Hayabusa 2 a décollé en 2014 et, après trois ans et demi de voyage, s’est mise en orbite en juin 2018 autour de l’astéroïde Ryugu. Ses premiers mois ont été consacrés à la découverte du terrain : photographier l’astéroïde en forme de toupie, modéliser le terrain et le champ gravitationnel. En octobre, Hayabusa 2 a largué deux robots de reconnaissance, puis un atterrisseur franco-allemand nommé Mascot. Ce petit cube a mesuré la température et le champ magnétique ambiants, et analysé les minéraux du sol.


Direction la Terre, à 22 kilomètres par seconde Puis sont venus les deux moments critiques, les plus importants de la mission : les récoltes d’échantillons. Hayabusa 2 s’est approchée une première fois de la surface de l’astéroïde en février 2019 pour aspirer de la poussière de roche dans sa trompe. Puis elle a envoyé un petit projectile au sol pour creuser un cratère, et elle est redescendue faire un deuxième prélèvement dans ce cratère, en juillet 2019, pour récupérer cette fois des minéraux restés intacts depuis les débuts du système solaire.



Ensuite, ce fut l’heure de repartir vers la Terre. Hayabusa 2 a allumé une première fois ses moteurs en novembre pour quitter l’orbite de Ryugu, puis elle a vogué librement sur son trajet de retour durant plusieurs mois, et voici qu’elle donne un second coup de propulsion pour rejoindre l’orbite terrestre. Aujourd’hui, la sonde file à 22,62 kilomètres par seconde (plus de 81 000 km/h). L’atterrissage de la capsule contenant les échantillons est prévu pour novembre ou décembre 2020.


Le coup de chaud de Ryugu En attendant de pouvoir analyser les roches en laboratoire, les scientifiques japonais ne chôment pas. Une étude vient de paraître dans Science, où ils tirent quelques enseignements de la première récolte d’échantillons : «Nous avons utilisé les instruments de Hayabusa 2 pour regarder la poussière délogée par les moteurs de la sonde durant sa descente», explique le chercheur Tomokatsu Morota, principal signataire de l’étude. Au moment où la sonde a frôlé le sol, un nuage de particules a en effet été soulevé du sol. «Nous y avons découvert une grande quantité de grains minéraux très fins, rouge sombre. Ils ont été produits par la chaleur solaire, ce qui suggère que Ryugu a dû passer près du Soleil par le passé.» Il faut noter, à ce propos, que les roches n’apparaissent pas franchement rouges à l’œil. Les variations de couleurs sont subtiles, soit un peu plus «rouges» soit un peu plus «bleues» de manière relative dans le spectre de la lumière visible. Cratères rouges et cratères bleus Mais quand Ryugu a-t-il été rendre visite au Soleil ? Il existe des moyens de le calculer. On connaît assez bien, dans l’histoire du système solaire, les époques où les collisions entre les corps célestes étaient plus ou moins fréquentes, et où les météorites pleuvaient sur les astres en les criblant de trous. Donc on sait dater les cratères d’un astre d’après leur nombre et leur taille.


Le coup de chaud de Ryugu En attendant de pouvoir analyser les roches en laboratoire, les scientifiques japonais ne chôment pas. Une étude vient de paraître dans Science, où ils tirent quelques enseignements de la première récolte d’échantillons : «Nous avons utilisé les instruments de Hayabusa 2 pour regarder la poussière délogée par les moteurs de la sonde durant sa descente», explique le chercheur Tomokatsu Morota, principal signataire de l’étude. Au moment où la sonde a frôlé le sol, un nuage de particules a en effet été soulevé du sol. «Nous y avons découvert une grande quantité de grains minéraux très fins, rouge sombre. Ils ont été produits par la chaleur solaire, ce qui suggère que Ryugu a dû passer près du Soleil par le passé.» Il faut noter, à ce propos, que les roches n’apparaissent pas franchement rouges à l’œil. Les variations de couleurs sont subtiles, soit un peu plus «rouges» soit un peu plus «bleues» de manière relative dans le spectre de la lumière visible. Cratères rouges et cratères bleus Mais quand Ryugu a-t-il été rendre visite au Soleil ? Il existe des moyens de le calculer. On connaît assez bien, dans l’histoire du système solaire, les époques où les collisions entre les corps célestes étaient plus ou moins fréquentes, et où les météorites pleuvaient sur les astres en les criblant de trous. Donc on sait dater les cratères d’un astre d’après leur nombre et leur taille.


Sur Ryugu, «les cratères dont l’intérieur est plus rouge ont été formés avant le rougissement de la surface, tandis que les cratères plus bleus ont été formés après le rougissement», affirme l’étude – car l’impact des météorites a creusé un trou dans le sol, exposant au jour les matériaux bleus qui étaient auparavant dissimulés sous la surface rouge. Cela permet de définir le moment de ce passage près du Soleil qui a chauffé et altéré la couleur de la surface de Ryugu. D’après les calculs des planétologues japonais, l’événement s’est produit soit il y a 8 millions d’années, soit il y a 300 000 ans (hier, à l’échelle du système solaire !), selon le modèle de datation utilisé. Dégringolade Il est aussi intéressant de constater qu’à l’échelle de l’astéroïde, les grains plus rouges sont situés aux latitudes moyennes, alors que des matériaux «plus bleus» recouvrent les pôles et l’équateur. Les chercheurs proposent une explication : «Après l’événement de rougissement, les matériaux rouges ont été délogés et redistribués par les impacts de météorites et l’instabilité gravitaire», qui fait «glisser» les roches vers le bas sous l’effet de la gravité. La poussière des zones plus élevées de Ryugu, ses pôles et son équateur, a donc progressivement dégringolé vers les zones basses des latitudes moyennes.


En conclusion, les chercheurs pensent que Ryugu provient de la ceinture principale d’astéroïdes entre Mars et Jupiter, puis qu’il l’a quittée. Il a alors entrepris sa petite «excursion orbitale temporaire» près du Soleil, un passage rapide, avant de se stabiliser sur son orbite actuelle, entre la Terre et Mars.


Source : https://www.liberation.fr/sciences/2020/05/13/l-asteroide-ryugu-a-pris-un-coup-de-soleil_1788153

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