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  • angélique VAURY

Les cyclones ou ouragans


Le cyclone tropical Sidr vu de satellite, le 12 novembre 2007 © NASA / Jesse Allen / MODIS Rapid Response team - Licence : CC BY-NC

Cyclone : définition

On appelle cyclone (du grec kuklos, cercle) une dépression trés creusée (au centre elle peut être inférieure à 950 hPa) d'origine tropicale, c'est-à-dire qui naît sous l'influence des fortes chaleurs combinées aux eaux très chaudes des latitudes tropicales. D'une durée de vie d'environ une semaine, le cyclone peut générer des dégâts colossaux et dévaster une région entière. L'Organisation Météorologique Mondiale définit le cyclone tropical comme "une perturbation d'échelle synoptique non accompagnée d'un système frontal, prenant naissance au-dessus des eaux tropicales ou subtropicales et présentant une activité convective organisée ainsi qu'une circulation cyclonique, plus intense en surface qu'en altitude".

On parle de :

  • dépresion tropicale lorsque le vent est inférieur à 62 km/h

  • de tempête tropicale pour un vent compris entre 62 et 117 km/h

  • et d'ouragan pour un vent qui dépasse 117 km/h.

Lorsqu'un cyclone atteint le stade de tempête tropicale, il est baptisé selon une liste préétablie où alternent prénoms masculins et féminins.


Régions affectées et saisons cycloniques


Tous les ans, on dénombre environ 80 ouragans qui balaient la surface de l'océan. Sur l'Atlantique Nord, la saison cyclonique s'étend de juin à novembre. On y observe en moyenne, par an : 20 dépressions tropicales, 9 tempêtes tropicales, 5 ouragans. Les régions tropicales (notament des Caraïbes au golfe du Mexique) sont particulièrement affectées par les cyclones qui peuvent, pendant plusieurs semaines, se succéder et dévaster de vastes régions. Dans l'hémisphère sud, la saison cyclonique s'étend de novembre à avril (Mayotte, Nouvelle Calédonie, Polynésie Française, La Réunion, Wallis et Futuna). Dans l'océan Indien la saison cyclonique s'étend de janvier à mars.

Les cyclones tournent dans le sens des aiguilles d'une montre dans l'hémisphère sud et dans le sens contraire dans l'hémisphère nord. Cette particularité s'explique par la force de Coriolis.


Appellations suivant les régions du globe


Les phénomènes météorologiques qui dépassent en intensité les tempêtes (soit 117 km/h), sont dénommés différemment suivant les régions du globe, on parle ainsi de :

  • cyclone tropical (du grec kuklos, cercle) au sud-ouest de l'océan Indien et au nord de l'Australie

  • typhon : (portugais tufao, du chinois t'ai fung, grand vent, par l'arabe tufân) : cyclone des mers de Chine et de l'océan Indien (ouest du pacifique Nord).

  • ouragan : (espagnol huracàn, d'un mot caraïbe) : une des dénominations des cyclones tropicaux dans l'ouest de l'Atlantique Nord, la mer des Caraïbes, le Golfe du Mexique, le centre et l'est du Pacifique Nord.

  • hurricane (mot anglais venant de l'espagnol huracàn) : cyclone tropical ; abusivement utilisé à la place du mot ouragan.

  • baguio aux Philippines.

  • cyclone : baie de Bengale et mer d'Arabie.

  • medicane : contraction de "Mediterranean hurricane" pour un cyclone qui se forme au-dessus de la mer Méditerranée

Description physique des cyclones


Un cyclone est un tourbillon de 10 à 15 km d'épaisseur enroulé sur lui-même, il est constitué d'une masse nuageuse cumunolimbus, organisés en spirales qui convergent vers le centre. Cette zone centrale mesure quelques kilomètres de diamètre (20 à 50 km pour les plus importants). Le vent y est calme, le ciel clair (pendant environ 1 heure) : c'est l'oeil.

La vitesse de déplacement d'un ouragan est d'environ 10 à 35 km/h. Par contre, les vents générés par un ouragan peuvent atteindre les 300 km/h, et les pluies des quantités de 300 litres par m2 en 24 heures (soit ce qui tombe sur Paris en 6 mois) en provoquant des crues, des inondations,des glissements de terrain.

Le diamètre total du cyclone peut atteindre 1 000 km (en général il est de 400 à 500 km). Le mouvement de rotation du cyclone est formé de vents supérieurs à 120 km par heure environ.

La pression au centre d'un cyclone peut descendre en dessous de 910 hPa comme en témoigna le cyclone Mitch qui dévasta l'Amérique centrale fin octobre 1988.

La pression la plus basse observée sur l'Atlantique est de 888 hPa lors du passage de Gilbert en 1988. Par comparaison, l'ouragan Lothar du 26 décembre 1999 a engendré une pression de 960 hPa.

Enfin, l'énergie libérée par un cyclone atteint les 200 à 300 kilotonnes par seconde (bombe d'Hiroshima : 20 kilotonnes). Or, cette énergie est puisée dans la chaleur des eaux de surface, ce qui les refroidit et permet d'évacuer le surplus de chaleur emmagasiné dans les zones tropicales.


Conditions de formation des cyclones


Un cyclone se forme toujours sur l'eau. Ainsi, ils naissent au-dessus de l'océan près de l'équateur sous l'effet d'une forte évaporation qui déclenche des vents convergents. L'air froid s'insinue sous l'air chaud qui se soulève : la dépression se creuse. L'air chaud rentre alors en contact avec le jet stream (vents à 400 km par heure) qui accélère les vents. Les conditions suivantes sont nécessaires :

  1. température de la mer supérieure à 27°C sur au moins 60 m de profondeur

  2. forte humidité et instabilité atmosphérique, faible cisaillement vertical des vents

  3. latitude supérieure à 5 degrés pour qu'il y ait la force de Coriolis

  4. une ascendance d'air humide et chaud (supérieur à 26,5°C)

  5. une faible rugosité du sol donc surtout en mer et sur les côtes

Conséquences des cyclones

  • Des vents de tempête soufflent en rafales et peuvent provoquer de gros dégâts comme en témoigne le cyclone Ivan de septembre 2004 avec des vents moyens de 260 km/h et des rafales jusqu'à 350 km/h !

  • Des vagues qui atteignent jusqu'à 10 m de haut ravagent le littoral en déferlant

  • la dépression hausse le niveau de la mer de 1 à 3 m. Ce phénomène connu sous le nom de "marée de tempête" inonde les littoraux causant d'important dégâts. Parfois, des vagues atteignant jusqu'à 5 à 6 mètres s'engoufrent dans les terres comme un véritable tsunami.

  • les cumulonimbus déversent parfois des quantités considérables d'eau jusqu'à 2 000 mm en 24 heures comme à La Réunion

  • Une région entière peut être dévastée, des villes complètement rasées ou noyées comme en témoigne le cyclone Katrina d'août 2005 qui a ravagé plusieurs états du sud-est des Etats-Unis.

Heureusement, dès que l'ouragan pénètre sur les terres, sa puissance décroît car il n'est plus alimenté en vapeur d'eau.


source : https://www.notre-planete.info/terre/risques_naturels/cyclones.php

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