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Tiangong-1 : la station spatiale chinoise s'est désintégrée au-dessus du Pacifique sud


Fin de cavale pour Tiangong-1. La station spatiale chinoise a fait sa rentrée atmosphérique dans la nuit du premier au 2 avril, près du centre de l'océan Pacifique, non loin du « point de Némo » et s'est probablement désintégrée. Le « Palais céleste » est un des 6.000 engins spatiaux à avoir fait un retour sur Terre non contrôlé depuis le début de la conquête spatiale.

Après un suspense de plusieurs semaines, Tiangong-1, la station spatiale chinoise hors de contrôle depuis 2016, a fini par faire son retour sur Terre aux premières heures du lundi 2 avril 2018. La rentrée atmosphérique est survenue à 0 h 15 TU (soit 2 h 15 heure de Paris) selon le CMSEO, le bureau chinois chargé de la conception des vols spatiaux habités, et à 0 h 16 TU selon l'US AirForce et le JFSCC (Joint Force Space Component Command).

Tiangong-1 est tombée près du cimetière des débris spatiaux

Le laboratoire spatial de 7,5 tonnes survolait alors l'océan Pacifique. « La plupart des équipements ont été détruits lors de la phase de rentrée dans l'atmosphère », a indiqué le CMSEO. Lancé en 2011, le premier « Palais céleste » chinois se serait abîmé non loin du « pôle d'inaccessibilité » plus connu comme « point de Nemo » (clin d'œil à Jules Verne), une zone considérée comme des plus isolée au monde située entre l'Antarctique, la Nouvelle-Zélande et le sud du Chili. Un véritable « cimetière de débris spatiaux » où 250 à 300 anciens satellites y ont déjà sombré. Le plus fameux de tous reste la station spatiale Mir (2001). Brisé en morceaux, Tiangong-1 a donc terminé sa course dans une des régions les moins peuplées du monde, là où statistiquement il y avait le plus de chances que cela se produise.


Loin d'être aussi grande que la Station spatiale internationale (ISS) — 10,4 mètres de longueur et 3,3 de diamètre pour Tiangonsg-1 contre 110 mètres sur 74 pour ISS — Tiangonsg-1 était le cinquantième plus gros objet de fabrication humaine à faire un retour non contrôlé sur Terre.

CE QU'IL FAUT RETENIR

  • La station spatiale chinoise Tiangong-1 a fait sa rentrée atmosphérique le 2 avril à 0 h 16 TU.

  • Tiangong-1 s'est abîmé dans l'océan Pacifique, vraisemblablement près du « point de Nemo ».

  • Parmi les zones où le risque de chute de débris existait figurait le sud de la France, sous une ligne passant par Perpignan-Toulon.

POUR EN SAVOIR PLUS

Tiangong-1 : suivez en direct la chute de la station spatiale chinoise

Article de Xavier Demeersman publié le 30 mars 2018

Tiangong-1 n'en a plus que pour quelques heures. Les prédictions des agences spatiales convergent toutes autour de la date du premier avril. Quels sont les risques que les débris de la station spatiale chinoise désintégrée tombent en France ? Comment connaître sa position en temps réel ?

Mise à jour le 1er avril à 18 h

Selon les dernières estimations de l'Agence spatiale européenne (ESA) - mises à jour régulièrement -, la fenêtre de la rentrée atmosphérique de la station spatiale chinoise reste centrée sur le premier avril, 23 h 25 TU (soit le 2 avril, 1 h 25 heure de Paris). Elle s'ouvre entre la soirée du premier avril et le matin du 2 avril. Mais « c'est très variable » souligne l'ESA. Pour Aerospace, cela se produirait le 2 avril à 0 h 10 TU, plus ou moins 2 heures et demi.

Tiangong-1 est désormais à moins de 150 kilomètres d'altitude. Évidemment, la vitesse de sa descente s'accélère, « à mesure que la station traverse les couches de l'atmosphère de plus en plus denses » a indiqué l'Observatoire de Paris qui, à travers l'IMCCE, s'efforce aussi de déterminer l'endroit où les débris du « palais céleste » pourraient tomber.

Ce ne sera véritablement que quelques heures avant la chute finale que les sites concernés par d'éventuels chutes de débris seront connus. Le risque de tomber sur une zone densément peuplée et de blesser quelqu'un demeure très faible (1 sur plus de 1.000 milliards rappellent les experts) mais de par ses dimensions, on ne peut donc pas exclure que des fragments du vaisseau fantôme de 7,5 tonnes tombent sur le sol.

« Selon les vents en altitude, il est réaliste de penser qu'ils se répartiront dans une ellipse faisant environ : 500 mètres en largeur de part et d'autre de la trajectoire ; une dizaine de kilomètres le long de la trajectoire. (Ces données s'appuient sur des valeurs usuelles en cas de chute de météorite.) », écrit l'Observatoire de Paris qui a publié plusieurs cartes de régions survolées par Tiangong-1 au moment où elle pourrait entamer sa rentrée atmosphérique (à voir ici).« Décliné à l'échelle de la France métropolitaine, le survol n'a lieu que quelques dizaines de secondes par jour », précisent-ils.

Futura continue de vous informer sur l'évolution de la situation.

Comment suivre la chute de Tiangong-1 ?

À ne pas manquer, plusieurs sites pour connaître la position de Tiangong-1 en temps réel et aussi pour l'observer :

  • Où est Tiangong-1 ? À voir au choix sur N2YO.comSatflareSatview et Heavens-Above.

  • Aerospace propose un tableau de bord assez complet sur la position, vitesse, altitude, etc. de Tiangong-1.

  • VirtualTelescope vous propose de suivre les derniers passages de Tiangong-1 (« Farewell Tiangong-1 »).

Chute de Tiangong-1 : quels sont les risques ?

Article de Xavier Demeersman publié le 29 mars 2018

La station spatiale chinoise Tiangong-1 (« palais céleste ») pourrait retomber sur Terre le premier avril, et ce n'est pas une blague. Dans l'eau, on l'espère, parmi les poissons. Selon les toutes dernières estimations de l'Agence spatiale européenne (ESA), publiées le 28 mars, la rentrée atmosphérique de ce vaisseau fantôme devrait se produire entre le matin du 31 mars et l'après-midi du premier avril. L'Aerospace Corporation, Calsky et Spaceflight101 parient eux aussi sur le premier avril (plus ou moins un ou deux jours). Le 28 mars, l'ancien laboratoire spatial chinois (8,5 tonnes à son lancement en 2011) n'était plus qu'à 200 kilomètres au-dessus du sol.

À ce jour, personne ne sait encore où va tomber Tiangong-1. Il sera vraisemblablement possible de le déterminer au mieux quelques heures avant l'évènement. « De manière générale, comme les objets en orbite évoluent à 7 km/s, la zone de retombée possible même une heure avant, correspond pratiquement à une révolution orbitale complète, soit à un ruban de l'ordre de quelques dizaines de milliers de kilomètres, explique Stéphane Christy, expert au Centre d'orbitographie opérationnelle du Cnes. Pour donner un ordre d'idée, à cette vitesse, il faut deux minutes pour aller de Lille à Perpignan. De plus, il y aura probablement plusieurs impacts potentiellement éloignés dans le ruban identifié. Il est impossible de prévoir à coup sûr la retombée sur une ville particulière. »


Une chance sur 40.000 que Tiangong-1 tombe sur la Corse

Tiangong-1 tombera quelque part entre 43° de latitude nord et 43° de latitude sud (voir la carte dans l'article plus bas). Cette bande très large inclut le sud de l'Europe. En France, la Métropole est concernée en dessous de Perpignan, ainsi que la Corse mais aussi à la Martinique, la Guadeloupe, La Réunion et la Polynésie... Pas de panique toutefois, les experts de l'ESA assurent que les risques de recevoir un morceau de la station spatiale sur la tête sont minimes, dix millions de fois plus faibles que d'être foudroyé au cours d'une année ! La majorité des étendues survolées par Tiangong-1 ne sont pas ou très peu peuplées : océans, mers, déserts... Pour Stéphane Christy, « si on ramène la superficie des [îles survolées] à celle de la zone survolée par la station, cela nous donne une chance sur 40.000 de tomber en Corse, une chance sur 308.000 de tomber en Martinique, une chance sur 138.000 de tomber sur La Réunion ».

Étant donné les dimensions de Tiangong-1 (10,4 x 3,4 m), il est à prévoir que des morceaux de l'engin touchent le sol. En dessous de 80 kilomètres d'altitude, « si certains objets devaient résister, tels les réservoirs à carburant ou les moteurs en acier inoxydable ou en titane, ils percuteront le sol seulement quelques minutes ensuite », indique l'expert. Le Centre national d'études spatiales — et d'autres agences spatiales et organismes dans le monde — observent régulièrement le « palais céleste » qui est hors de contrôle depuis 2016, la Chine de son côté avance le contraire. Le Cnes la surveille notamment avec le radar Graves, situé sur le plateau d'Albion : « actuellement, nous voyons deux à trois fois par jour Tiangong-1 survoler l'extrême sud de la France. Depuis le 23 mars, nous sommes passés en phase d'alerte renforcée ». Le suspense continue... jusqu'au dernier moment.

Où est Tiangong-1 en ce moment ?

À ne pas manquer, plusieurs sites pour connaître la position de Tiangong-1 en temps réel et aussi pour l'observer :

La station spatiale chinoise va-t-elle retomber près de chez nous ?

Article de Xavier Demeersman, publié le 16 mars 2018

Mais où va donc tomber Tiangong-1, la station spatiale chinoise ? Et quand cela va-t-il se produire ? Après en avoir perdu le contrôle, la Chine assure que sa rentrée atmosphérique se fera sans risques. Est-ce vraiment certain ? Parmi les zones où les risques sont les plus élevés que des débris tombent, figure l'extrémité méridionale de la France et la Corse.

Actuellement, Tiangong-1 (le « Palais céleste 1 » en chinois) navigue en orbite de plus en plus basse, aujourd'hui à quelque 250 kilomètres au-dessus du sol. Chaque semaine, elle s'enfonce de six mètres dans la haute atmosphère, se rapprochant de plus en plus du point où elle entamera sa rentrée atmosphérique, se transformant en boule de feu. Des spécialistes ont calculé que cela devrait se produire au cours des prochaines semaines, autour du 3 avril (plus ou moins une semaine), vraisemblablement entre le 30 mars et le 6 avril, selon les dernières prévisions du Bureau des débris spatiaux de l'ESA. Mais où ?

Cela reste très difficile à prédire mais nous savons déjà où elle ne tombera pas : au nord du 43eparallèle dans l'hémisphère boréal et au sud du 43e parallèle dans l'hémisphère austral. En résumé, les habitants (peu nombreux) de l'Antarctique et ceux à la pointe de l'Amérique du Sud peuvent dormir tranquilles. Idem pour tous ceux qui vivent en Russie, au Canada, en Islande, au Groenland et une grande partie de l'Europe du Nord, la France incluse. Quoique presque...

Tiangong-1 va-t-il tomber sur la tête des habitants des Pyrénées ou de la Corse ?

En effet, en-dessous de 43 degrés de latitude nord (un peu plus au sud de Marseille), donc sous une ligne imaginaire passant par Toulon, Perpignan et Lourdes, on entre dans la zone à risque. Et même dans la zone à haut risque puisque ce sont dans les marges de cette zone délimitée (voir la carte ci-dessous) que les risques sont les plus élevés.

Alors, le ciel va-t-il tomber sur la tête des habitants des Pyrénées ou de la Corse ? La probabilité existe. Autant que pour la Sardaigne, l'Espagne, l'Italie, la Grèce, la Turquie, les États-Unis, etc. Bref, tous les pays qui sont sur ce tracé. Le risque est moins élevé dans le reste de cette bande centrée sur l'équateur.

La station spatiale survole les régions les plus peuplées du monde, ce qui n'est pas sans interpeller. Mais elle passe aussi au-dessus de plusieurs océans, étendues bien plus vastes et non peuplées. Alors, faut-il s'inquiéter que des débris de cet engin de 8,5 tonnes s'écrasent sur une grande ville ? Encore une fois, le risque existe mais il reste faible. Il est de l'ordre d'un sur 10.000 de toucher quelqu'un. À cela s'ajoute le fait que le module orbital va se disloquer au cours de sa chute et ainsi s'éparpiller en petits morceaux moins menaçants.


Tiangong-1 ne sera ni le premier ni le plus gros débris spatial à s’écraser

Mesurant 10,4 x 3,4 mètres, Tiangong-1 est loin d'être aussi imposante que la Station spatiale internationale (ISS) ou même que feu la station Mir qui a été désorbitée en 2001. Enfin, la station chinoise ne sera pas le premier débris spatial à rentrer sur Terre de façon incontrôlée ni le plus massif... D'ailleurs, le 27 janvier dernier, le second étage d'un lanceur Zenit — aussi massif que Tiangong-1 ! — s'est écrasé au Pérou sans faire de victimes (et sans faire grand bruit dans les médias non plus), fort heureusement. On se souviendra aussi que l'ancienne station spatiale américaine Skylab (90 tonnes) fit une rentrée atmosphérique incontrôlée en 1979.

VOIR AUSSI :Lancement de Tiangong-2 : la Chine veut une nouvelle station spatiale

De son côté, la Chine qui, rappelons-le, avait perdu le contact avec Tiangong-1 en 2016, assure qu'elle a repris la situation en main. Mais tout le monde n'en est pas convaincu. Un plan a-t-il été prévu pour contrôler la chute du « Palais céleste » ? Le suspense pourrait en réalité durer jusqu'au dernier moment, peut-être jusqu'à quelques heures avant...

La station spatiale chinoise Tiangong-1 serait sous contrôle

Article de Rémy Decourt, publié le 16 janvier 2018

Arrivé en fin de vie, le module orbital Tiangong-1 sera désorbité d'ici quelques mois. L'agence spatiale chinoise affirme en avoir le contrôle et garantit que cette rentrée se fera sans risque. Toutefois, si ce contrôle avait été perdu (comme le bruit en a couru), ou retrouvé récemment, il est peu probable que la communication officielle en aurait fait mention.

Finalement, le module orbital Tiangong-1 est bien sous-contrôle. C'est du moins ce qu'affirme Zhu Congpeng, un des responsables du programme Tiangong-2 de la CASTC (China Aerospace Science and Technology Corporation). Il a aussi précisé que les informations indiquant que l'Agence spatiale nationale chinoise (CNSA) avait perdu son contrôle « ont été extrêmement exagérées ». Cependant, jamais la CNSA ne les a confirmées ni démenties.

Aujourd'hui, les dernières informations rendues publiques indiquent que le module tourne autour de la Terre sur une orbite moyenne d'environ 286,5 kilomètres, inclinée à 42,85 degrés, avec un périgée à 272,6 km et un apogée à 300,4 km. Sa rentrée est prévue au premier semestre, peut-être en mars.

#ASTRONAUTIQUE , #TIANGONG

Crédit : Futura Sciences

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