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Une étoile mystérieuse qui change de luminosité sans que l'on sache pourquoi

L'étoile variable VVV-WIT-07 présente des anomalies dans sa variation de luminosité qui la rapproche du cas de la fameuse étoile de Tabby, dont on s'était demandé si elle n'était pas entourée par mégastructure extraterrestre de type sphère de Dyson. L'hypothèse a été depuis réfutée mais le mystère subsiste. VVV-WIT-07 pourrait être un objet de Mamajek.


L'étoile variable VVV-WIT-07 fait un peu parler d'elle en ce moment, heureusement sans déclencher un engouement médiatique qui a ce stade serait très exagéré. En effet, en 2012, dans le cadre d'une campagne d'étude menée depuis 2010 avec VISTA (acronyme de l'anglais Visible and Infrared Survey Telescope for Astronomy), un télescope de l'Observatoire européen austral (ESO) doté d'un miroir de 4,5 mètres permettant de faire des observations dans l'infrarouge proche, la luminosité de VVV-WIT-07 a brusquement varié.

A priori, rien de surprenant à cela puisque cette étude, nommée VISTA Variables in the Via Lactea (The VVV Survey), avait précisément pour but de repérer des étoiles variables pour dresser une carte de leur distribution en 3D au voisinage du centre de la Voie lactée, dans le bulbe central. Une telle carte devrait fournir des informations intéressantes permettant aux astronomes de mieux comprendre l'origine, la formation et la structure de notre Galaxie.

Sauf que VVV-WIT-07, après avoir vu sa luminosité baisser lentement sur 11 jours, a brusquement perdu environ 75 % de celle-ci pendant 48 jours. Ce qui n'est pas conforme à ce à quoi l'on peut s'attendre d'une étoile variable, qui certes fluctuent pour certaines de façon périodique et plus chaotiquement pour d'autres, mais pas avec une telle chute de luminosité. Par contre, cela fait penser à un comportement analogue déjà observé avec la fameuse étoile de Tabby (des baisses de luminosité plus ou moins erratiques et contradictoires quand à leurs interprétations, avec une baisse maximale de 20 %). Or certains avaient sérieusement suggéré avec cet astre que l'on était peut-être en présence d'une technosignature, en l'occurrence le transit d'une gigantesque structure artificielle devant cette étoile. On pense maintenant que ce n'est très probablement pas le cas, mais la multiplication d'observations similaires pourrait bien finir par nous donner des éléments qui nous forceraient à conclure que nous sommes bel et bien en présence des fameuses sphères de Dyson, ou leurs variantes, dans la Voie lactée.


Une conférence sur la chasse aux mégastructures E.T. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l'écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © SETI Institute

Une mégastructure alien ou un objet de Mamajek ?

Mais comme le disait le défunt Carl Sagan, une hypothèse extraordinaire nécessite pour être confirmée des preuves extraordinaires. Nous en sommes très, très loin même si l'on continue à travailler sur de l'Optical Seti.

VVV-WIT-07 pourrait bien plutôt être ce que l'on peut appeler un objet de Mamajek, du nom de l'astrophysicien Eric Mamajek du célèbre Jet Propulsion Laboratory de la Nasa, et pas une autre étoile de Tabby, comme les chercheurs l'expliquent dans un article publié dans Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, mais en accès libre sur arXiv.

La brutale baisse de luminosité observée, s'ajoutant à des variations nettement plus faibles et plus ou moins périodiques, s'expliquerait donc de la même manière que pour l’étoile J1407 (aussi appelée objet de Mamajek), c'est-à-dire par le transit devant VVV-WIT-07 d'une exoplanète possédant un système d'anneaux bien plus étendus que ceux de Saturne (200 fois plus dans le cas de J1407).

Dans le cas de l'étoile de Tabby, les variations erratiques de luminosité sont très probablement causées par des masses de poussières proches de l'étoile, mais dont la nature précise reste indéterminée. On sait qu'il ne peut s'agir de mégastructures aliens car les creux dans les courbes de lumière ne sont pas aussi intenses dans différentes longueurs d'onde. En effet, ces structures devraient être opaques à toutes les longueurs d'onde où ont été réalisées les observations. Pour la même raison, planètes et étoiles naines sont aussi exclues. On n'observe pas non plus de traces spectrales de masses de gaz neutre ou ionisé, ce qui n'est pas favorable à l'idée d'un transit de nuages de matière interstellaire.

Les chercheurs continuent d'observer VVV-WIT-07, espérant glaner des informations suffisantes pour percer son mystère en confirmant certaines des hypothèses qu'ils ont à son sujet. On pourrait s'attendre à quelques révélations concernant une population aujourd'hui encore largement cachée de ces étoiles mystérieuses dans quelques années, avec la mise en service du LSST.

VVV-WIT-07 pourrait bien plutôt être ce que l'on peut appeler un objet de Mamajek, du nom de l'astrophysicien Eric Mamajek du célèbre Jet Propulsion Laboratory de la Nasa, et pas une autre étoile de Tabby, comme les chercheurs l'expliquent dans un article publié dans Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, mais en accès libre sur arXiv.

La brutale baisse de luminosité observée, s'ajoutant à des variations nettement plus faibles et plus ou moins périodiques, s'expliquerait donc de la même manière que pour l’étoile J1407 (aussi appelée objet de Mamajek), c'est-à-dire par le transit devant VVV-WIT-07 d'une exoplanète possédant un système d'anneaux bien plus étendus que ceux de Saturne (200 fois plus dans le cas de J1407).

Dans le cas de l'étoile de Tabby, les variations erratiques de luminosité sont très probablement causées par des masses de poussières proches de l'étoile, mais dont la nature précise reste indéterminée. On sait qu'il ne peut s'agir de mégastructures aliens car les creux dans les courbes de lumière ne sont pas aussi intenses dans différentes longueurs d'onde. En effet, ces structures devraient être opaques à toutes les longueurs d'onde où ont été réalisées les observations. Pour la même raison, planètes et étoiles naines sont aussi exclues. On n'observe pas non plus de traces spectrales de masses de gaz neutre ou ionisé, ce qui n'est pas favorable à l'idée d'un transit de nuages de matière interstellaire.

Les chercheurs continuent d'observer VVV-WIT-07, espérant glaner des informations suffisantes pour percer son mystère en confirmant certaines des hypothèses qu'ils ont à son sujet. On pourrait s'attendre à quelques révélations concernant une population aujourd'hui encore largement cachée de ces étoiles mystérieuses dans quelques années, avec la mise en service du LSST.


Source : Futura Sciences

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